Nous
sommes au tout début des années 50. Le palanquin
en forme de cabosse de cacao récemment livré à
un chef traditionnel ne lui aura pas servi longtemps à
être transporté parmi ses sujets puisque la mort
vient de le surprendre. Qu’à cela ne tienne : le
chef est enterré dans son palanquin de facto converti en
cercueil. La foule assistant aux funérailles est impressionnée
et admirative.
Seth Kane Kwei, alors jeune menuisier, prend note de l’incident.
Il ouvre son atelier à la même époque…
L’aéroport de Kotoka tout proche de Teshie était
alors en construction et au centre de beaucoup de conversations
dans les familles des quartiers environnants. Survient le décès
de la grand-mère de Kane Kwei, qui bien sûr n’avait
jamais pris l’avion mais avait souvent exprimé sa
fascination pour ce moyen de transport révolutionnaire
et son souhait, un jour, de pouvoir l’emprunter.
Kane Kwei se souvient alors du cercueil qui avait suscité
l’enthousiasme des foules quelques mois auparavant. Pour
honorer sa grand-mère en lui offrant ce qu’elle n’avait
pu réaliser de son vivant, il lui construit un cercueil
en forme d’avion.
Puis, quelques semaines ou mois plus tard, peut-être un
pêcheur, ou alors un cultivateur, s’enquit auprès
de Kane Kwei de la possibilité d’avoir un cercueil
en forme de bateau. Ou d’oignon. Pour ensevelir un parent
pêcheur ou cultivateur.
Kane Kwei honora la commande.
Il ignorait être à l’origine de ce qui allait
devenir emblématique de la création contemporaine
de son pays.
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